La généralisation du télétravail et l’application en vigueur des distanciations ont engendré une modification significative des comportements des usagers. Le nombre de déplacements a énormément chuté, notamment, la pandémie a donné un coup de frein aux transports en commun, au covoiturage, à l’auto partage ainsi qu’à la mutualisation des véhicules, qui sont sujets à des risques accrus de contamination. En revanche, cette restriction drastique des circulations a encouragé le déplacement à vélo. Pendant la période du 12 mai au 12 juin 2020, les ventes de vélo à assistance électrique (VAE) ont connu une croissance de 117% (source LSA). L’association de collectivités Vélo et Territoires a relevé une nette progression de la fréquentation cyclable pour toute l’année 2020, et hors les deux périodes de confinement on a remarqué une hausse de 27%. « L’année 2020 aura été l’année du grand boom de la pratique du vélo en France », a-t-elle aussi relevé. Actuellement, repenser la mobilité est devenu une priorité dans la vision de reconstruire de meilleurs systèmes de transport, efficaces pour tous et durables. Au centre de ces réflexions, le vélo s’annonce être une solution opérante pour un nouveau souffle de mobilité, à l’heure où la situation sanitaire demeure complexe.

Le choix du vélo

En réponse à la distanciation sociale, de nombreux usagers se sont reportés vers l’utilisation du vélo comme moyen de transport le plus adapté. En mai 2020, Vélo & Territoires a déployé une campagne de communication, en partenariat avec l’AF3V, la FUB, le Club des villes et territoires cyclables et l’Union Sport & Cycle : « Pour se protéger et protéger les autres : le vélo est mon geste barrière ». En effet, la pratique du vélo en tant que geste barrière réduit le risque accru de contamination, elle respecte le principe de distanciation physique, évite l’engorgement de la ville, soulage les transports publics, améliore la qualité de l’air enfin elle renforce le système immunitaire.

Bien choisir son vélo - Funecobikes

Rouler à vélo permet effectivement à l’usager une activité physique régulière, la pratique réduit également les risques de surpoids et de diabète. Selon une étude d’Opinion Way, 12% des Français souhaitent acheter rapidement un vélo où 46% d’entre eux veulent s’en servir pour se déplacer au travail. Par ailleurs, comme pour toutes les deux roues, la bicyclette a une sérieuse longueur d’avance sur la voiture en matière de mobilité. Entre autres, elle incarne mieux que tous les autres la sensation de liberté individuelle, qui a été peu profité depuis la crise sanitaire. Économique et accessible, le vélo peut devenir un moyen de transport très pratique au quotidien.

Promouvoir l’usage du vélo

Puisque le vélo est un outil indispensable de la transition écologique et solidaire, aussi que c’est un geste barrière à adopter pour parvenir à la distanciation sociale, il s’impose étant la solution de mobilité la plus pertinente pour les Français. 

État, collectivités, associations, établissements publics, entreprises, usagers, l’ensemble des acteurs vélo a un rôle important à jouer pour encourager l’utilisation du vélo, dans le contexte de la crise du Covid-19. Des mesures alternatives ont été prises. Pour ce faire, il a été essentiel de répondre aux besoins prioritaires : la construction des pistes cyclables, l’installation des infrastructures sûres pour les vélos, comme séparer les pistes cyclables de la circulation motorisée ou la mise en place des parkings à vélos sécurisés. Pour ainsi promouvoir le déplacement à vélo, le plan d’infrastructures cyclables doit devenir une composante structurelle de la mobilité urbaine.

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Selon une étude de l’UNION sport & cycle, en partenariat avec Sport Heroes, des actions importantes doivent être soutenues pour faciliter et promouvoir l’usage du vélo. 10% des usagers de vélos ont opté pour un home trainer pour pouvoir continuer le travail du cycle pendant le confinement, 96% de ces pratiquants pensent que le vélo est une solution pertinente pendant cette période, enfin pour promouvoir cet usage, 95% préconisent l’installation de parkings sécurisés, 89% sont pour les pistes cyclables temporaires, 84% estiment qu’il est favorable que le forfait mobilité soit obligatoire.

En outre, les entreprises du cycle, elles aussi ont besoin d’être soutenues. Lourdement touchés par la crise sanitaire, les magasins spécialisés dans la vente et la réparation de cycle ont eu une perte de chiffre d’affaires près de 170 millions d’euros pendant le premier semestre 2020. Le coup de pouce à ce sujet doit-être le plus renforcé pour se remettre en selle post-confinement.

Ouverture aux aménagements cyclables de transition

Le déplacement à vélo a montré un multiple rebondissement au cours de l’année 2020. Porté par la poursuite des grèves des transports, il a fortement progressé par rapport au bilan de 2019. En sortie de confinement, il est souhaité que le  vélo soit le moyen de transport choisi par les Français pour leurs trajets quotidiens. Afin de sécuriser les continuités cyclables, il est essentiel de préparer les déplacements après la crise. Dans les mesures prises pour préparer l’espace public aussi pour améliorer les conditions des cyclistes, le gouvernement prône le développement des pistes cyclables temporaires. L’objectif est de tester pour aménager durablement. Les leviers les plus essentiels sont de réduire les voies liées au trafic motorisé, exploiter les aménagements cyclables existants, modifier le plan de circulation en garantissant un faible trafic motorisé, modérer la vitesse, autoriser l’accès des cyclistes dans les couloirs de bus et mettre en place le stationnement vélo. 

Piste cyclabe vélo- Funecobikes

Une première évaluation du Club des villes et territoires cyclables a révélé ses résultats sur la mise en place d’aménagements cyclables de transition par les collectivités territoriales. L’objectif étant de « comprendre l’évolution de ces aménagements de transition, afin d’accompagner au mieux les collectivités, de comprendre leurs difficultés dans cette démarche, et de soutenir la pérennisation de cette dynamique", selon le Club. Notamment, plus de 100 collectivités sont engagées dans cette dynamique. La majorité des projets sont urbains et près d’un tiers sont en zone peu dense. Le bilan est plutôt positif puisqu’un tiers des collectivités ont directement mis en place des aménagements durables, contre trois quarts qui envisagent de faire durer au moins une partie des travaux d’aménagements réalisés. En outre, les bandes cyclables sont les plus privilégiés des aménagements. Près d’une collectivité sur deux a décidé de mettre en place des stationnements vélo.

Le vélo : solution d’avenir incontournable

72% des citadins, soit près de trois quarts affirment être prêt à opter pour la mobilité douce, vélo, marche à pieds, trottinette, contre 39,1% qui préfèrent les bouchons en allant en voiture pour le trajet domicile-travail. Mais les trottinettes présentent un bilan carbone peu fiable en raison de leur méthode de fabrication, leur mode de rechargement et leur courte durée de vie ne dépassant pas 28 jours. Alors que le vélo procure de nombreux atouts, ce qui a renforcé le « grand boom » en 2020 avec l’explosion significative des ventes.

Encouragés davantage par les grandes municipalités, les Français se sont vite rués sur les vélos. Des kilomètres de pistes cyclables ont été instaurés avec des installations rapides de plots en plastique et de blocs de bitume sur les chaussées. On voit de plus en plus de vélos dans les rues de Paris. Les magasins se multiplient partout dans les villes avec l’émergence de nouvelles idées comme l’ouverture de points services réparations vélos. La vente des vélos a connu une croissance considérable à cause de la crise sanitaire. Après le 11 mai, 4.000 vélos sont vendus par jour ou 2,5 fois plus en 2019 et pour les VTT on a remarqué 3,5 fois de plus, a annoncé certaines grandes enseignes du sport. Les prévisions de croissance perdurent encore, donc pas d’inquiétude du moins elles restent au beau fixe pour les prochains mois.

Le vélo électrique : un marché prometteur

En France, le marché du vélo électrique présente à plus d’un milliard d’euros. Les ventes globales de vélos ont eu une hausse de 1.7%, à 2.684.800 unités. Notamment, ce sont surtout les modèles à batterie qui ont fait exploser les chiffres d’affaires du marché du cycle. « Les ventes de vélos à assistance électrique [VAE, NDLR] ont augmenté de 29 % et ont atteint 514.672 unités en 2020 », a précisé Jérôme Valentin. Les VAE ont indiqué 19% des ventes en volume et 56% du marché en valeur. Avec leur épargne abondante, les Français s’offrent facilement des produits haut de gamme. La moyenne des prix d’achat d’un vélo électrique a atteint les 21% en dépassant le seuil de 2000 euros. Chaque type de modèle a été électrisé. À titre d’exemple, pour le segment cargo  (+354%), avec des volumes modestes (11.000 unités) ; les vélos pliants 95% avec 23 000 unités, les VTT 46% avec 136.000 unités, enfin les vélos de ville 13% 207000 unités.

Velo electrique

Bref, 660.690 vélos sont au total sortis des usines françaises en 2020, 261 d’entre eux sont des modèles électriques. Le marché du cycle a battu un record en 20202 avec plus de 3 milliards d’euros en chiffre d’affaires, avec une progression de 25% en un an. Selon les prévisions des industriels, la production devrait connaître une hausse de 40% en 2021, malgré des ruptures de stocks, observés surtout dans les grandes enseignes et les pénuries de pièces (cassettes, batteries, dérailleurs). Sinon, l’avenir est plutôt prometteur pour les vélos électriques, car la barre du million pourrait être dépassée à l’horizon 2024.